Les appréhensions exprimées après la libération de présumés kidnappeurs sont réelles, selon la France

P-au-P, 22 avril 2015 [AlterPresse] --- La France et le reste de la communauté internationale sont vraiment inquiets du déni de justice qui se manifeste en Haïti, où deux présumés kidnappeurs et trafiquants de drogue ont été libérés la semaine dernière par la justice, confirme l’ambassadrice de France en Haïti Élisabeth Beton Delègue.

La « profonde inquiétude », exprimée, dans un communiqué émis le 21 avril 2015, par les Nations-Unies et le Core Group (les ambassadeurs du Brésil, du Canada, de France, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de l’Union Européenne et le Représentant spécial de l’Organisation des États Américains) n’est pas une « formule », déclare Beton Delègue, au cours d’une visite de courtoisie au Groupe Médialternatif incluant l’agence en ligne AlterPresse.

« Nous sommes véritablement inquiets », ajoute-t-elle, face au « déni de justice », que constitue le procès expéditif du 17 avril 2015, qui a abouti à la libération des accusés Woodly Ethéart et Renel Nelfort, objet de graves accusations, dont enlèvement contre rançon, assassinat, trafic illicite de stupéfiants et blanchiment d’argent.

La représentante du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), Sandra Honoré, et les représentants des pays et organisations membres du Core Group se sont réunis, à deux reprises et durant 3 heures d’horloge, sur la question, confie Delègue.

Le problème est que « vos propres lois (haïtiennes) » n’ont pas été respectées, souligne-t-elle, exprimant le souci de la communauté internationale qui ne doit pas être assimilé, selon elle, à une ingérence.

Elle estime, en substance, que cette décision judiciaire risquerait d’empoisonner l’atmosphère électorale qui paraissait dégager, à partir de mars 2015, après une période de blocage marquée par l’expression de « radicalités ».

Selon le communiqué de l’Onu, le "Core Group" « exhorte le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire à exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par la Constitution et rapidement enquêter sur le rôle joué par les juges du tribunal de première instance dans cette affaire et prendre les mesures appropriées, si nécessaire ».

Élisabeth Beton Delègue a pris ses fonctions d’ambassadrice de France, le 12 mars 2015, après avoir remis sa lettre de créance au président Michel Martelly.

Alter Presse



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