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Amnistie internationale Canada francophone 

apporte sa contribution au projet ''Haïti lutte contre l'impunité''.

 



AICF met à la disposition du projet la large documentation des violations des droits humains commises sous le régime duvaliériste. Un important premier lot de documents (84 en anglais et 35 en français) a déjà été versé au projet couvrant la période allant de 1973 à 1986. Ces documents comprennent entre autres divers rapports étayés par de nombreux témoignages qui attestent des multiples violations des droits humains survenues durant la dictature de Jean Claude Duvalier. On y retrouve les différentes actions urgentes et campagnes d'Amnesty International en faveur des citoyens haïtiens dont la vie était en danger sous le régime de Jean Claude Duvalier.

 

Les documents seront au fur et à mesure mis à la disposition du public sur le site ''Haïti lutte contre l'impunité''. Le Collectif contre l'impunité a également reçu copie des documents.

 


Se renseigner sur d'autres actions d'Amnistie internationale Canada francophone en Haïti 


Craintes pour la sécurité de Pierre Espérance, défenseur des droits humains





Duvalier renforce son parti, son avocat au CEP





A Jacmel, le mardi 22 avril 2014, l’ex-dictateur Jean Claude Duvalier a participé à la cérémonie d’ouverture du bureau régional du PUN, parti dont il est le « président d’honneur », ont confié des journalistes correspondants, contactés par le journal. Quelques centaines de personnes ont pris part à cet évènement un peu festif. Rara, bouillon, retrouvailles entre Baby Doc et ses partisans.

L’ex-président à vie, arrivé au volant de son véhicule, était avec sa compagne Véronique Roy, ont ajouté ces journalistes. Dans un hôtel, à l’extérieur du centre-ville, l’ancien homme fort d’Haïti et le secrétaire général du parti, Me Alix Aurélien Jeanty, ont tenu une réunion politique loin des regards indiscrets.

Entre-temps, l’un des avocats de l’ex-dictateur, Frizto Canton, a été nommé au Conseil électoral provisoire ce mardi 6 mai 2014 par le président Michel Joseph Martelly. Me Canton remplace Me Emmanuel Ménard à l’institution électorale.

Pierre Espérance, coordonnateur du RNDDH s’insurge. L’ex-dictateur, « réhabilité par le pouvoir Martelly », « fait de la provocation » en s’adonnant librement à des activités politiques. « C’est une insulte pour les victimes », a tempêté Pierre Espérance, qui déplore la lenteur de la justice à décider sur le dossier de l’ex-dictateur. Sur les implications possibles de cette nomination, le militant des droits de l’homme qualifie de « fuite en avant » la décision du chef de l’Etat de nommer les membres du CEP dans le contexte actuel.

Les probabilités d’avoir des élections non démocratiques existent, a estimé Pierre Espérance, dénonçant les velléités du pouvoir à contrôler l’institution électorale. Concernant la nomination de Me Frizto Canton, Pierre Espérance n’a pas « voulu faire de commentaire sur la personne ». « On sait seulement qu’il se réclame du Duvaliérisme », a toutefois indiqué le coordonnateur du RNDDH.

« On peut considérer ce nouveau titre donné au président Duvalier comme une provocation faite aux milliers de victimes de son régime », a confié Edouard Paultre du Groupe des acteurs non étatiques. Edouard Paultre croit aussi que le titre de « président d’honneur » du PUN attribué à Jean-Claude Duvalier « explique l’effondrement de la maison haïtienne sur les plans politique, juridique et moral ».

S’agissant de la nomination du juriste au CEP, Edouard Paultre a indiqué qu’ « une chance est offerte à Me Canton pour prouver ses compétences juridiques et ses qualités éthiques ». « Il devra, a souligné Edouard Paultre, dissocier son statut de défenseur de Duvalier de sa fonction noble de membre du CEP ». L’avocat devra avoir « l’élégance de démissionner comme avocat de Duvalier », a conseillé Edouard Paultre.

Me Reynold Georges, avocat, membre du conseil de défense de Duvalier avec Me Canton n’y va pas avec le dos de la cuillère. « Ce sont des extrémistes à nul autre pareil qui pensent pouvoir enlever les droits civils et politiques du président Duvalier », a clamé Me Reynold Georges. « Le président Duvalier est irréprochable, eu égard à la loi », a expliqué l’avocat, narguant au passage ceux qui ont poursuivi Jean- Claude Duvalier pour crime contre l’humanité. «Je vous le dis, la montagne a accouché d’une souris », a dit Reynold Georges qui n’a aucune objection à ce que Me Frizto Canton ait été nommé par le chef de l’Etat au CEP. « Frizto Canton est un citoyen privé qui a le droit d’accepter ou non un poste politique à lui offert », a indiqué sèchement Me Reynold George, élogieux à l’égard de Me Canton. « C’est un homme capable, un intellectuel de belle eau et un homme sérieux », a-t-il dit en pesant sur les syllabes.

« Ce seront les bulletins qui vont compter », a répondu Reynold Georges, rejetant d’un revers de main les critiques contre le chef de l’Etat, accusé de vouloir contrôler la machine électorale. « C’est Martelly qui essaie de redresser le pays dévasté par ces gens-là. Tout le monde est étonné de voir les travaux réalisés à travers le pays », a dit Reynold Georges. « Que le pays continue sa marche vers le progrès. Si c’est fait par Tèt Kale ou Duvalier, alors je suis Tèt Kale ou Duvalier », a confié Me Reynold Georges.

Au Bicentenaire, le nouveau conseiller électoral compte quelques supports. « Je connais Me Canton. C'est une personne respectable..., un avocat chevronné », a assuré le sénateur Steven Y. Benoit. « Je suppose qu'un homme comme Me Cantonne va pas faire n'importe quoi aux élections », a expliqué Steven Benoit, qui s'est dit favorable à la tenue des élections pour éviter tout vide institutionnel en janvier 2015.


Me Frizto Canton est présenté comme un « homme crédible », « intègre ». « On va le voir au pied du mur. On le prendra au mot », a prévenu le sénateur Francisco Delacruz, membre de l'OPL, un parti qui supporte l'Accord d'El Rancho.

Le jeudi 20 février 2014, les juges Jean-Joseph Lebrun, Marie-Jocelyne Casimir et Durin Duret Junior de la 3e section de la cour d'appel de Port-au-Prince avaient affirmé, au grand dam des avocats de Duvalier, le principe universel « d'imprescriptibilité des crimes contre l'humanité ». En clair, en s'appuyant sur la « coutume internationale », au nom de la société à protéger, ces juges avaient confirmé que le temps n'absoudra pas Jean-Claude Duvalier.

Il y a, avaient révélé ces juges, de « sérieux indices » établissant la « responsabilité pénale de Jean- Claude Duvalier », président à vie, chef de l'armée, des tontons macoutes et de la police, qui n'avait pas levé le petit doigt pour « empêcher, réprimer » la torture et les exécutions pendant son régime. Sans ménagement, ces magistrats de la cour d'appel avaient corrigé le cahier du juge Carvès Jean, auteur d'une instruction superficielle et d'une ordonnance âprement dénoncée qui ne recommandait des poursuites contre l'ex-dictateur que pour des crimes financiers. Les trois juges de la cour d'appel ont aussi sonné le glas de la décision prise le 24 juillet 2001 par la Cour de cassation ayant blanchi Duvalier des poursuites pour crimes financiers. Résolue à fouiller, à aller plus loin que le juge Carvès, la cour d'appel a confié au juge Durin Duret Junior la responsabilité de conduire un « supplément d'instruction ». Des pontes, des serviteurs du régime seront bientôt entendus à titre de témoins.

Seul au tribunal ce jour-là, Me Frizto Canton, l'un des avocats de Jean- Claude Duvalier, avait clamé que le texte sur l'imprescriptibilité des crimes contre l'humanité n'est pas reconnu par la législation haïtienne. « On a appliqué le droit d'Amnesty International », avait accusé l'avocat. Il insiste : « C'est une dérive judiciaire concoctée par des organisations étrangères en raison de leurs capacités financières ». « On va faire un pourvoi en cassation », avait assuré Frizto Canton. « La partialité est évidente de désigner un juge de cette composition pour instruire le dossier », avait estimé Frizto Canton, ajoutant que ce n'est pas à lui de demander au juge Durin Duret Junior de se récuser. « Le juge devrait lui-même se récuser », selon l'avocat du dictateur Jean-Claude Duvalier.

Joint par le journal en fin de soirée, Me Frizto Canton a confié qu'il ne peut plus être l'avocat de Jean-Claude Duvalier. Il y a "une incompatibilité manifeste" avec ses nouvelles fonctions, a-t-il expliqué. " Je suis nommé par le président mais je suis au service de la nation. Je serai attaché aux traits de moralité de ma profession et à toutes les hauteurs de moralité que j'ai toujours observées dans ma vie", a répondu l'avocat à ceux disent qu'il sera un instrument aux mains du président Michel Joseph Martelly. Me Frizto Canton, d'un autre côté, a confié avoir refusé, en 1985, la proposition que lui avait faite Jacques Chirac afin de devenir citoyen français. Le nouveau conseiller électoral a indiqué avoir toujours gardé et garde encore une seule nationalité, celle de sa naissance.


Roberson Alphonse

Port-au-Prince, 6 mai 2014

Source: Le Nouvelliste
     

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